Hiroshi Ikeda Senseï

Fondateur du Brigde-Seminar - deuxième partie.


…apres le cours à Klausenburg/Cluj-Napoca - 2014.

Anita Köhler : Mais si tout le monde est différent, alors les grades ne sont plus possibles.

Ikeda H. : C’est vraiment un thème à part. Je pense que c’est bien pour les débutants, jusqu’au 1er kyu, 1er dan,  car on apprend les bases jusque-là et c’est important de les considérer ainsi. Donc ce n’est pas l’angle des jambes qui compte mais bien qu’il s’agisse d’un mouvement irimi ou kotegaeshi. Ces mouvements sont particuliers, c’est pourquoi je les appelle base. C’est important de comprendre les bases avant de construire sur elles.

Les bases sont essentielles. Et lorsque l’on atteint le niveau d’un shodan, nidan, sandan, yondan, on peut enfin se préoccuper de l’implication de notre corps. Shodan, nidan, sandan, etc. se différencient déjà par leur grade mais c’est peut-être la seule différence. Pourtant chacun, à ce niveau, devrait avoir son propre aïkido. Mais la plupart font tous la même chose, sans évoluer en fin de compte. Ils stagnent. Qui alors reçoit un nidan, un sandan ? Je n’en sais rien, car tous font la même chose et ne se différencient pas.

Anita : Donc pour vous il existe certains critères à l’obtention d’un nidan, sandan etc.

Ikeda H. : oui
 
AJ : En France, les candidats au shodan, nidan et au sandan doivent passer le même examen.

Ikeda H. : oui, je trouve cela normal.

Anita : Mais il faut aussi ajouter le maniement des armes, Jo pour le nidan par exemple.
 AJ : il y a bien une différence entre ces deux grades.

On veut faire quelque chose de naturel. Comme dans une chorégraphie, certains vont beaucoup s’entraîner pour leurs bases, et leurs mouvements sont magnifiques. C’est pourquoi je pense que l’aïkido est pensé pour être aussi un sport. Ce ne sont pas les grades qui importent. Et j’entends de plus en plus de personnes dans le monde de l’aïkido qui pensent cela. Je trouve ça vraiment bien, c’est difficile au début mais on continue la pratique pour arriver ensuite à des mouvements naturels. Et cela, c’est magnifique à voir.

AJ : Est-ce difficile pour vous de vivre aux USA ?
Non, pas si difficile. Et vivre n’est de toute façon pas si difficile.


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