Entretien avec alain Salée de Verviers au Belgique

Je fais de l’aïkido, c'est tout…


Alain Salée àla Colle s/Loup 2004

On va parler d’aïkido…

On peut parler de tout… Mais si vous êtes là c’est pour l’aïkido, je crois…

J’ai commencé par le judo, en 1952, avec Me Ichiro Abe. Et mon professeur de judo a arrêté. Il est devenu président mondial pour la plongée sous-marine, et il a arrêté le judo. J’ai alors rencontré Me Tadashi Abe, mais il est rentré au Japon. J’ai fait deux cours avec lui. Puis j’ai vu Me Noro à Bruxelles, en 1961 et je suis resté élève de Me Noro jusqu’à il y a dix ans.


Mais Me Noro était à Paris. Comment faisiez-vous ?

À cette période j’allais toujours à Paris, huit à dix fois l’année, pour les grands stages : six heures le samedi et six heures le dimanche. Et à cette époque j’ai vu Me Tamura, Me Tada, Me Asaï, Me Chiba qui venait chez Me Noro pour le stage de Pâques – 9 heures par jour ! C’est comme cela que j’ai connu ces maîtres.

J’ai rencontré Me Tamura en 1964 à Cagnes-sur-Mer, c’était son premier stage d’été. Et j’ai continué à faire de l’aïkido… et je ne n’ai plus arrêté. J’ai rencontré une fois chez M. Naessens à Bruxelles – c’est un gros club privé – Me Harada qui faisait du karaté, et j’ai fait 5 ans de karaté avec lui.
C’est à quelle période ?

Vers 1964-65, je faisais toujours du judo à ce moment là. J’ai fait de la compétition, j’étais dans la fédération de M. Jazarin, Jean-Lucien Jazarin qui a écrit le livre « L’esprit du judo ». Il enseignait le judo traditionnel à Paris.

Je me suis intéressé à la vie japonaise, à l’art japonais… je suis un collectionneur : j’ai beaucoup d’objets japonais, des sabres, des ivoires, des netsuke… c’est ma vie. Ça et les arts martiaux. J’ai un regret c’est de ne pas être allé au Japon. J’ai rencontré les plus grands maîtres : Me Yamada, Me Noro, Me Chiba, Me Asaï, Me Kobayashi, Me Saïto. J’ai fait des stages avec tous ces maîtres.


Et que faites-vous professionnellement ?

Maintenant je suis à la retraite ! Avant, j’étais inspecteur de police.


Ça va bien ensemble !

Oui, pour la rencontre avec les autres personnes dans la vie. Je pense que toute la police devrait faire de l’aïkido, pour le contact.


C’est Me Asaï qui a commencé en Allemagne en enseignant dans une école de police à Munster.

C’est important, pas pour la self défense, mais pour le contact avec les personnes. C’est très important : le sourire d’abord, la gentillesse, et aussi la fermeté.

Cela dépend des gens, des types humains. Il y a des gens à qui l’aïkido ne convient pas, et dans la police…

Je sais, pendant 25 ans j’ai donné des cours à la police, et pratiquement sans résultat. Ils recherchent plutôt la self-défense. C’est facile, quand on est à trois contre un bonhomme … quand on a l’uniforme, la prestance, les techniques spéciales… L’aïkido ce n’est pas ça. C’est le contact avec les personnes, l’amour… Je trouve que c’est la première chose. Les grades, le reste cela ne m’intéresse pas. Ce qui compte c’est le contact avec les gens. Quand ils font une technique et qu’ils ont le sourire, qu’ils sont contents, moi aussi je suis content. Le principal pour moi c’est d’être heureux, d’être bien dans ma peau.


Et après Noro, qu’est-ce que tu as fait ? Est-ce que tu as ton propre club ?

Oui, j’ai mon club en Belgique, j’ai construit mon dojo. J’ai ouvert mon premier club en 1969. Puis, comme c’était trop petit, j’ai changé de salle, pour quelque chose d’un peu plus grand, et un jour j’ai acheté un terrain et j’ai construit mon dojo, qui fait 250 m² de tatami avec des vestiaires, des douches.

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