Entretein avec Madame Rumiko Tamura de Staint Maximin la Stainte Baume.

Mais vraiment, ce qui m'a le plus manqué, c'est la lecture en japonais… Les magazines, normalement on les parcourt et on les jette, mais dans les premiers temps on lisait tout, jusqu'aux publicités !

Madame Rumiko Tamura dans la maison.
Madame Rumiko Tamura dans la maison.

Cela fait longtemps que vous pratiquez l'aïkido, n'est-ce pas ?

Oui, cela fait pas mal de temps, mais avec des absences. Quand mes enfants étaient petits je n'ai pas pratiqué, pendant presque 10 ans.


Et vous avez commencé à Tokyo, avant votre mariage ?

Oui, un peu, un peu plus qu'un peu…


Êtes-vous née à Tokyo ?

Oui, j'y suis née, j'y ai été élevée, je ne connais que Tokyo. Du reste du Japon, je ne connais pas grande chose. À Tokyo, dans le quartier de Shinjuku-ku, c'est là que je suis allée à l'école, et c'est là qu'est le Hombu Dojo.


À quel âge avez-vous commencé l'aïkido ?

J'avais 18, 19 ans.


Qu'est-ce qui vous a menée à l'aïkido ?
C'est le hasard : Toshiyuki Arai, qui était mon sempaï à l'école (il avait 3, 4 ans de plus que moi) était devenu professeur d'aïkido dans la ville de Takasaki. Un jour alors que je rentrais de l'école, nous nous sommes trouvés dans le même train … il m'a dit qu'il faisait de l'aïkido et m'a demandé de venir le voir. J'y suis allée et cela m'a tout de suite plu. En plus mon petit ami de l'époque a lui aussi commencé, et donc nous avons commencé tous les deux. Mais lui n'a pas vraiment continué, et moi je suis restée.


Quand vous êtes entrée au dojo, tous les anciens maîtres étaient encore là ?

À cette époque ils étaient tous ushi deshi. Lui (Tamura Senseï, ndlr), Yamada Senseï - lui était kayo no deshi, c'est-à-dire qu'il ne dormait pas au dojo, mais il venait tous les jours - Kanai Senseï aussi, Sugano Senseï, Kurita Senseï, Chiba Senseï, … ils étaient tous là. Quand j'ai commencé, Chiba Senseï n'était pas là parce qu'il s'était abîmé la hanche et il était un peu convalescent. Je ne l'ai vu que trois mois après. Yamada San, Saotome San, Kurita San, Kanai San, Chiba San…

Et Tada Senseï ?

Tada, c'était déjà un maître. Il donnait cours au Hombu Dojo, comme Arikawa Senseï.


Kobayashi … ?

Lequel ? Yasuo, oui, il était aussi ushi deshi, kayo no ushi deshi.


Est-ce qu'il y avait beaucoup de femmes à cette époque au Hombu Dojo ?

Tout au début, quand j'ai commencé, il n'y en avait pas beaucoup. Il y avait la sœur de Yasuo Kobayashi, c'est elle qui m'a « prise » comme débutante … c'était une fille très charmante. C'est dommage qu'elle ait arrêté…. Par exemple, elle avait les cheveux longs, pas vraiment en chignon, mais attachés comme ça…. Et même quand elle faisait shiho nage, il n'y avait pas un cheveu qui bougeait, tellement son shiho nage était correct. C'était un peu comme mon professeur. Il y avait une autre fille très charmante elle aussi, elle avait commencé à l'âge de 16 ans, ou quelque chose comme ça, mais elle n'avait pas de dan, la sœur de Kobayashi non plus n'était pas intéressé par un dan, mais pour moi elles avaient un très haut niveau. Après elle a eu un grade, mais personne ne pensait à avoir des grades. Elle était très timide mais travaillait très bien. Plus tard elle a épousé Me Maruyama, qui est parti avec Me Tohei.


Qui donnait les cours à cette période ?

Doshu, c'est à dire Kishomaru Ueshiba Senseï. O Senseï aussi, quand il était à Tokyo. Quand il était là il faisait le premier cours du matin, à 6 heures et demie, sinon c'était toujours Doshu, Koshimaru Senseï. Mais les ushi deshi donnaient aussi des cours, mercredi après-midi, si je me souviens bien, et aussi un autre jour à 5 heures. Mais ce qui était bien, c'est qu'au cours de 6 heures et demie, tous les ushi deshi devaient être présents. Et quand il n'y avait pas d'autres filles, souvent personne ne voulait travailler avec moi - une fille débutante ce n'est pas très intéressant - et souvent lui (Me Tamura, ndlr) aussi restait tout seul, alors souvent il me prenait comme partenaire. Mais après, cela a été plus souvent Saotome Senseï. On peut dire que si j'ai continué l'aïkido, c'est grâce à Saotome Senseï. Parce que si personne ne me prenait, je devais rester assise, et surtout en hiver… Pour Kuniko San, la sœur de Kobayashi Senseï, ça se passait comme ça. Moi je suis venue un peu plus tard, et il y avait d'autres filles, j'ai eu de la chance. Mais Kuniko m'a raconté qu'elle devait souvent rester une heure en seiza…

Mais le pire c'était avec O Senseï, en hiver, il parlait pendant 40 minutes, et comme je n'étais pas habituée à rester en seiza, vraiment … et quand il fallait travailler, tout le monde se levait, mais moi je ne pouvais pas, alors je restais assise pendant tout le cours !

Vous travailliez plus avec Saotome Senseï qu'avec votre mari ?

Oui, parce qu'il arrivait souvent en retard. Quand il n'habitait plus au dojo - il avait loué un appartement avec son beau-frère - cela lui arrivait de ne pas se réveiller et d'arriver en retard. Saotome Senseï a été le dernier à rester, il est resté au dojo jusqu'à son mariage.


Êtes-vous restée au Hombu jusqu'à votre départ pour la France ?

Oui, oui ...


Vous avez donc longtemps pratiqué au Japon…

Non, un an et demi, deux ans. J'ai commencé à 18 ans, nous nous sommes mariés quand j'avais 22 ans. Oui, cela fait quatre ans. Trois, quatre ans, parce qu'au début, je n'allais pas tous les jours, une fois par semaine peut-être. Après j'allais presque tous les jours avant d'aller à l'école. Cela dépendait des horaires des cours à l'école : des fois après le cours de 6 heures et demie à 7 heures et demie, je suivais le suivant, de 8 heures à 9 heures. Quand je terminais plus tôt, j'allais directement au dojo pour encore pratiquer une heure, deux heures, ça dépendait.

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