Alain Peyrache à Karlsruhe du 29 au 30 novembre …

une entrevue avec Gérard Montagnier

Gérard Montagnier : Je suis très honoré de recevoir Monsieur Alain Peyrache pour le premier stage d’aïkido traditionnel à Karlsruhe. Ce stage a été organisé par un dojo de l’école européenne d’aïkido (EPA). Ce dojo existe depuis sept années déjà, je l’ai ouvert lorsque je suis arrivé à Karlsruhe. Nous sommes contents que les Allemands soient venus voir, se soient intéressés.

Comment avez-vous rencontré votre professeur Alain Peyrache ?
En Italie, à ISPRA, lorsque je travaillais là-bas, il y a quinze ans déjà.

C’est quoi, l’aïkido traditionnel ?
L’aïkido traditionnel, ça signifie qu’il n’y a qu’un maitre par dojo comme autrefois au Japon. En France, il existe aussi des fédérations « officielles », avec des programmes, des niveaux de ceinture. Nous sommes un peu en dehors de tout ce système …

C’est bizarre, le terme aïkido « traditionnel », non ?
Ce n’est pas dans le sens de la technique, mais dans le sens de la pratique, de la voie. Dans les fédérations, ce sont les élèves qui votent. Le professeur est une identité négligeable, alors que dans « le traditionnel » on entend que c’est le professeur qui donne l’enseignement, qu’on est obligé de suivre, mais on n’est pas obligé de rester si on n’y trouve pas ce que l’on cherche.
En fait, il y a une véritable relation enseignant-élève. L’élève choisit son maitre et le maitre accepte ou non l’élève. Aussi, le professeur cherche à essayer d’émanciper ses élèves sans les asservir.

Dans certaines fédérations ; les élèves n’ont pas le droit de participer à d’autres stages, hors fédérations.
Nous n’interdisons pas, au contraire, nous encourageons cela pour que l’élève puisse choisir son professeur. Personnellement, je ne pratique pas avec d’autres, mais je regarde d’autres. Et j’ai la chance d’avoir commencé avec Alain Peyrache. J’aurais un autre point de vue aujourd’hui si j’avais commencé avec quelqu’un d’autre.
Au début, Alain Peyrache disait « c’est comme ci, c’est comme ça ! » Il me parlait de choses que je ne comprenais pas ». Maintenant ça se confirme et je comprends ce qu’il voulait dire.
En Italie, à l’époque, on faisait des stages et certains pratiquaient depuis déjà 20 ans et étaient très étonnés de la différence de savoir-faire, car nous n’avions que trois années de pratique derrière nous. Ensuite, ils venaient chez nous. On cherchait vraiment. Maintenant, je cherche encore mais cela s’affine.

[Alain Peyrache arrive] 
Alain, c’est quoi l’aïkido traditionnel ?
Alain Peyrache : Ce n’est rien de folklorique. C’est quelque chose que l’on retrouve quelle que soit la civilisation, l’âge, la période. La mini-jupe c’est une mode, c’est un folklore dans une civilisation donnée, à un moment donné. [Rires] Le soleil qui se lève à l’est et se couche à l’ouest, ça ne change pas. Ce sont des lois universelles. Et cela nous rapproche du cosmique et non pas de la futilité de chaque société, de ses règlements et de son fonctionnement.
En aïkido, c’est l’aïkido de Me Ueshiba et pas les ersatz fait par ses enfants et petits-enfants. Kisshumaru était assureur, pas professeur d’aïkido. On est allé le chercher en catastrophe et c’était une catastrophe. Il disait « c’est trop compliqué ce que faisait mon père, on va le simplifier ». Eh bien oui, on a vu. Le petit-fils, c’est pire.

GM : Et « un maitre, un dojo » ?
AP : Oui, mais c’est toujours le cas à l’Aïkikaï, il y a un seul professeur ; et les ushis deshis donnent des cours. Et même si les ushis deshis, comme Tada ou d’autres, qui ont leur propre dojo, donnent encore des cours à l’Aïkikaï, il n’y a qu’un seul professeur, Ueshiba. Quand tu reçois un diplôme, c’est signé Ueshiba. Ce n’est pas signé de quelqu’un d’autre.

Merci 


Europäische Schule Karlsruhe –
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