Un art où l’erreur ne pardonne pas.

Série I


Léo Tamaki.

Ils étaient 360, venus rivaliser du monde entier. Après deux jours, cinq tours d’une trentaine de minutes au total, il ne devait en rester qu’un. Pour beaucoup, c’était la chance de leur vie. Nombre d’entre eux considéraient le fait d’avoir simplement été sélectionnés, comme le couronnement de leur carrière. La reconnaissance de leur talent, et leur appartenance à une élite.
Pour en arriver là chacun pratiquait depuis au moins dix ans, souvent vingt, parfois trente. Depuis qu’ils avaient choisi leur voie, puis en tant que professionnels, ils s’entraînaient régulièrement six à huit heures par jour, parfois plus. Ces pratiquants hors du commun rivalisaient pour intégrer l’une des meilleures formations au monde. Ces hommes et ces femmes qui allaient donner le meilleur d’eux-mêmes pour surpasser les autres sont… des musiciens.

Beaucoup de pratiquants d’arts martiaux se gargarisent de la supériorité de leur voie. Une discipline qui parle de vie et de mort. Une pratique où l’erreur ne pardonne pas. Mais combien vivent ces instants de vérité? Et même dans les “épreuves” et rites auxquels ils participent, tels les passages de grades, l’erreur est-elle impitoyablement sanctionnée?

Le parcours d’un combattant
Pour participer à l’audition, les musiciens ont envoyé leur CV. Sur les milliers de candidatures, 360 furent sélectionnés après un examen attentif de leur carrière. Avoir gagné un prix d’excellence est un prérequis.
Le jour venu chacun joue un morceau d’une minute trente à deux minutes devant la section à laquelle il est destiné à se joindre (violons, percussions, flûtes, etc…). Qu’une seule fausse note soit jouée et l’audition est immédiatement terminée. La section débat ensuite pour choisir les élus qui, parmi ceux qui n’ont pas commis d’erreur, ont retenu leur attention par la qualité de leur son et leur technique. Vingt personnes allaient passer ce premier tour.
Deuxième jour. L’orchestre est réuni au complet pour la suite des épreuves, près de deux cent personnes. Le premier examen est technique. Il dure environ quatre minutes. Sept personnes le réussiront. Le troisième tout dure une dizaine de minutes. A ce stade tous les concurrents ont un niveau comparable. Ils ne sont plus jugés sur leurs qualités techniques, mais sur l’interprétation de leur œuvre, leur présentation. Trois passeront cet examen.
Quatrième tour. Les candidats présentent un morceau de leur choix. Cela dure généralement de cinq à dix minutes. Enfin, il n’en reste que deux pour l’ultime sélection, où le chef se joint à son orchestre. Si un musicien est choisi, il est alors… en période d’essai d’un an! Avant de pouvoir enfin devenir un membre à part entière de l’ensemble. Cette fois-ci l’orchestre ne réussit pas à se décider, et prit deux musiciens à l’essai, un mauvais signe.

Sélection impitoyable et jeu d’enfant
Les épreuves que doivent passer les musiciens sont extrêmement dures. Les milliers et milliers d’heures de pratique sont jugées impitoyablement en quelques minutes. La moindre erreur est fatale et ferme l’accès à un orchestre, souvent à jamais. Il n’y a pas de rattrapage ou de seconde chance. On ne peut pas se représenter l’année suivante.

A côté de cela que propose une discipline comme l’Aïkido, autre que des jeux d’enfants? Pour postuler à un passage de grade, un candidat doit collectionner trois timbres de licence et participer à trois stages

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