Ce sont ces deux phénomènes humains qui signent je pense les dépendances en aïkido …

Série IV

Olivier Gaurin
Olivier Gaurin

Vois-tu, après autant d’années au Japon, une différence dans l’aïki entre l’Occident et le Japon ? Je pense surtout à l’entraînement (du début jusqu’au 1er ou 2ème dan), mais aussi à la dépendance envers les enseignants.


Déjà le mot “dépendance” me fait penser à deux choses en aïkido, dont :
1)    … une forme de “subordination”, entretenue de façon volontaire ou non par l’enseignant ou la structure d’accueil (Dojo, fédération, groupe, etc.). Et on pense de suite au mot : “accoutumance” ici. Parce qu’il s’agit alors d’une dépendance presque compulsionnelle : l’élève est “sous tutelle”, souvent sans s’en rendre compte. Il se voit comme “l’acte personnifié” de ce qui lui est enseigné. Il y a là évidemment un “transfert” au sens psychologique, et souvent une “identification” que fait l’élève sur son enseignant : l’élève se croit psychologiquement ou physiquement en place imaginaire de cet enseignant. Ce qui entraîne à terme des “clonages”. Ou pour dire mieux les choses : la reproduction pétrifiée (“objet”) des “tics” de untel ou untel (ce à quoi on reconnaît les clonages justement) : et c’est par ces caractéristiques qu’on peut d’ailleurs débouter facilement ce genre de “copiés-collés”. Et les exemples sont très nombreux au Japon comme en Occident.


2)    Et puis : le mot “dépendance” me fait penser plus positivement à un “dérapage” soudain, à une “friction”, ou à un “choc”… oui : une mise en rapport quasi “irritante” des savoirs. C’est une “greffe” qui induit des liens d’échanges (A+B=C) entre les tenants de ces savoirs. C’est l’idée plus constructive du “modèle” cette fois (l’enseignant), qui par sa pertinence originale va orienter ou baliser une pratique “sujet” : un peu comme un vent ou un courant fait changer de façon vivante la route d’un navire sans pourtant bloquer ses objectifs propres, et pour autant que le navire tienne bon un cap clair effectivement.

Ce sont ces deux phénomènes humains qui signent je pense les dépendances en aïkido, que cela soit au Japon ou en Occident.
 
Et puis alors : l’entraînement d’aïkido jusqu’au 1er  ou 2ème dan, c’est quoi ? On peut dire je crois que c’est un niveau débutant en aïki, un niveau encore “exotérique”. C’est-à dire que c’est un niveau de “mise en forme” de la technique, mais dans des

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