Chers amis lecteurs,

 

Les termes Montei - Monka, littéralement : « l’élève qui est devant la porte et qui demande à entrer chez le Maître » prennent tout leur sens lorsque l’on se rend au DOJO (lieu où l’on étudie la voie).
L’élève se présente à la porte, demande à entrer et, le maître l’y autorisant, passe la porte : « montei monka monjin ».
Pour y faire quoi ? Pour y étudier la voie de l’aiki (aikido) sous la direction du maître choisi.
Peut-on après avoir passé la porte, mettre sa tenue, papoter à propos de nos soucis, quitter ses chaussures, saluer puis « faire de l’aikido » tout en se défoulant car on en a besoin, tout en discutant du dernier James Bond ou des événements du 13 novembre 2015 ?


Le DOJO est un lieu d’étude, de recherche et il se trouve pour cela être un « lieu neutre »  - historiquement une succursale du bouddhisme, un sanctuaire avec  des règles strictes instituées. C’est un endroit où l’on change, obligatoirement sous la supervision d’un maître et suivant des règles particulières.
L’une d’elles est le nettoyage : « misogi ». « Misogi » pouvant prendre la forme du nettoyage du DOJO.  Alors qu’il est déjà propre … ? Oui. Nettoyer le tatami avant la pratique n’est pas uniquement un nettoyage des lieux, mais également un nettoyage de soi-même permettant de nous débarrasser de nos impuretés avant de mettre la tenue et de commencer le cours. Se nettoyer afin d’être soi pendant la pratique. Se nettoyer afin de pouvoir étudier sincèrement avec et sur soi même.


Discuter du dernier film, des événements du 13 novembre ; venir avec son stress, ses soucis, sa colère ? Oui ! Mais pas au DOJO. Au DOJO, on passe la porte, on se déchausse, on balaie le tatami, on nettoie – même si c’est propre.
Les évènements du 13 novembre 2015 sont condamnables à tous points de vue et dire que le DOJO devrait rester un « lieu neutre»  ne signifie pas nier cela – bien au contraire, c’est la philosophie du combattant pacifique qui accepte et continue son étude pour avancer, progresser sur la voie.

Après les évènements du 13 novembre, que pourrait on dire ?


Bonne lecture de ce numéro de décembre.

L’équipe d’AikidoJournal souhaite à tous ses lecteurs une bonne fin d’année, de joyeuses fêtes, et une encore meilleure année 2015. Et  nous leur offrons ce haïku de Kobayashi Issa (1763-1828) :

hatsu yuki ya                 Première neige
sakaya saiwai                Bonne affaire
tsui to nari                    Pour le marchand de sake
                            
             Kampaï ! 


L’équipe &
           votre Katharina Schwickerath




PS : Nous voulons souligner encore une fois le fait que les articles signés n’engagent que leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement le point de vue de la rédaction.

 

Haiku

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