L’avenir de l’aïkidō

La reprise de la pratique sous sa forme habituelle sera-t-elle possible à la rentrée ou …


Léo Tamaki pendant notre entrevue

À l’heure où j’écris ces lignes, fin juillet, les recherches sur un vaccin contre le Covid-19 sont en bonne voie. Il est néanmoins impossible qu’il soit à la fois validé, produit et distribué d’ici deux mois. Qu’en sera-t-il alors de la pratique ?
Naturellement, tout dépendra de l’évolution de la pandémie. Pour la France, si les gestes barrières sont respectés et qu’elle est sous contrôle, il est alors probable que nous puissions continuer à pratiquer avec contact, sans obligation de porter le masque durant l’entraînement.

Concernant le masque, pour un individu en bonne santé, si l’on excepte les passages à très haute intensité (très rares dans la majorité des dojos d’aïkidō), il est même possible de le porter durant tout l’entraînement. C’est une option que l’on peut sérieusement considérer si l’on est en contact régulier avec des personnes fragiles.
Dans le cas où c’est le pratiquant lui-même qui est à risque, il faut alors considérer les situations au cas par cas. Un individu de 70 ans très sportif pourra prendre une décision différente d’un autre de 55 ans souffrant d’obésité morbide et d’asthme.

Le risque zéro n’existe pas. Nous supposons toutefois qu’en traversant au feu rouge pour la circulation, nous avons peu de chances d’être victime d’un accident de la route. Le risque change si l’on voit une voiture s’approcher et on décide parfois de traverser au vert si aucune voiture n’est en vue.
L’aïkidō est une méthode d’auto-éducation. Si les conseils sont bienvenus, c’est au final à chacun de prendre ses décisions en s’informant et en prenant le temps de la réflexion.

À titre personnel, je pratique et j’enseigne aujourd’hui sans masque, mais respecte les gestes-barrières, et j’en porte un dans les espaces clos. C’est un compromis qui me semble acceptable au vu de la situation actuelle. Quand elle viendra à changer, dans une direction ou l’autre, alors je m’adapterai au mieux.

Durant la période que nous traversons, j’ai observé avec tristesse qu’une grande confusion régnait. Qu’on l’admette ou non, on ne peut qu’être impacté, physiquement et émotionnellement, par les évènements. Mais nous nous devons, en tant qu’êtres responsables et doués de raison, de nous informer, de prendre le temps de la réflexion et de ne pas nous laisser envahir par l’émotion. Malheureusement, et même chez des enseignants ayant une certaine visibilité et un âge auquel on attend de la maturité, ce ne fut pas toujours le cas.
Il est aussi révélateur que des divers articles que j’ai écrits durant cette période, le moins lu et partagé était celui proposant des ressources fiables concernant la situation…
Dans le contexte de la diminution du nombre de pratiquants et du vieillissement de ceux-ci, l’aïkidō a-t-il encore une chance de survie après plus de trois mois d’interruption ?
Il est évident que l’aïkidō traverse une mauvaise passe. Le nombre de pratiquants est en baisse constante et importante, et la population ne se renouvelant pas, sa moyenne d’âge est de plus en plus élevée.
La pandémie actuelle changera-t-elle quelque chose ? J’en doute, à moins qu’elle ne dure des années. Bien sûr, elle a mis en lumière les faiblesses de certaines structures, et des dōjōs et clubs n’y survivront pas. C’est d’ailleurs tout le microcosme martial qui souffre, comme la revue Karaté Bushido publiée depuis 1974 ou encore le magasin Budostore qui existe depuis 1952, et qui font tous deux appel aux bonnes volontés. Cependant, la pandémie n’a ici fait qu’accélérer une situ…  liaez olus dans AJ 75FR

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